dimanche 1 mars 2009

Coupler les luttes : sauver la planète et venir à bout du capitalisme

Dimanche dernier, Vincent Lemerre accueillait dans son émission à suivre la philosophe belge Isabelle Stengers, autour de son nouvel essai Au temps des catastrophes : résister à la barbarie qui vient (éd. La Découverte). Entretien fort intéressant que je vous invite à (ré)écouter sur le site de France Culture.

Quelques morceaux choisis :
sur la crise actuelle : "[nous sommes suspendu] entre deux histoires. Cette crise fait partie de l'histoire qui nous domine. L'histoire que je mets, pour aller vite, sous le signe de l'impératif de la croissance. C'est comme ça qu'elle est lue pour le moment. A quand le retour de la croissance ? C'est le seul horizon, c'est celui à partir duquel ceux qui nous dirigent pensent. Mais l'autre histoire dont nous savons qu'elle a déjà commencé, n'a pas encore véritablement de mots, de consistances. C'est cette histoire qui est, elle aussi globale, mais qui met en scène une terre ravagée... C'est elle qui nous met au pied du mur, qui impose une recomposition du politique sans abandonner la perspective d'une lutte, une lutte qui doit se penser autrement, parce que nous n'avons plus le temps d'attendre que le capitalisme soit évacuer."

sur la sortie possible de la crise par la croissance verte, le capitalisme vert : "capitalisme vert, cela veut dire que la vieille alliance avec le capitalisme continue... Le capitalisme est opportuniste : si une opportunité de tricher avec les promesses, les engagements s'ouvre, elle sera prise. Il est dans sa nature d'en profiter."

sur la moralisation du capitalisme : "C'est un oxymore, ce n'est pas que le capitalisme soit immoral, mais capitalisme et moralité, ce sont deux corps étrangers. Ne perdons pas trente secondes à ce genre d'hypothèses."

sur l'alternative où il s'agitait moins de prendre le pouvoir que de récupérer du pouvoir : "Il faut réussir à relier ceux qui luttent et ceux qui créent et qui fabriquent le sens de ce que c'est une vie sans croissance."

J'ai commandé cet essai, ainsi que le précédent de cette auteur, La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoutement (éd. La Découverte), cosigné avec Philippe Pignarre.
Du même Ph. Pignarre, je viens de lire la contribution à l'ouvrage Penser et agir avec Illich.
D'un précurseur de la décroissance à l'autre, d'Ivan Illich à André Gorz, il n'y a qu'un pas que je franchis. En furetant sur le site des éditions La Découverte, je prends connaissance de la parution d'un livre sur André Gorz : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (dir. par Christophe Fourel ; écologie politique, place du travail et du temps choisi, critique du capitalisme, revenu d'existence : introduction à l'oeuvre d'un précurseur à l'influence souterraine mais capitale, André Gorz (1923-2007).


liens :
les éditions La Découverte
le site de Philippe Pignarre
et ici une lecture du livre d'Isabelle Stengers

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