vendredi 20 mars 2009

" Off with her head ! Off with _ "

Certain-e-s auront peut-être reconnu en anglais dans le texte un passage des aventures d'Alice au pays du merveilleux Lewis Carroll...

Après la très belle journée de mobilisation hier, restons dans le poétique.

Hier soir, je me suis rendu à Lens, au café L'Estrade, café bio et équitable, pour le deuxième rendez-vous du Groupe de réflexion citoyen.
J'avais une semaine de retard, le rendez-vous avait eu lieu le jeudi précédent !
Pour info, le prochain se déroulera le 9 avril.

Le prosaïque et le poétique
J'ai eu néanmoins l'occasion de boire un verre et de discuter avec Pierre, le responsable du projet L'Estrade (projet d'une part, de réinsertion pour des personnes en difficulté qui trouvent dans le restauration un nouveau parcours professionnel, et d'autre part un café "citoyen" pour s'informer sur des questions d'actualité et de société).
Dans le fil de la conversation (retrouver des espaces de liberté, se désaccoutumer de la grande distribution, inventer de nouvelles résistantes-alternatives etc...), Pierre a évoqué Hakim Bey [ connu pour " ses théories au sujet des TAZ (dans son livre Temporary Autonomous Zone, zone d'autonomie temporaire) et ses incitations au terrorisme poétique"] et Raoul Vaneigem.

J'ai alors repensé au manifeste des neufs intellectuels antillais, et à ce qui manquent tellement à nos vies.
Lisez, relisez le Manifeste pour les "produits" de haute nécessité, écrit par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM.
Extrait :
"... derrière le prosaïque du " pouvoir d'achat " ou du "panier de la ménagère ", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique)."

et appel final :
" Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du " Marché ", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite. Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté."

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